Charles Péguy, (1873 – 1914)

Écrivain, poète et essayiste français.

Socialiste et catholique, il a laissé une oeuvre engagée, lyrique et souvent polémique.

D’abord socialiste et humaniste, il se range aux côtés de Dreyfus avec Jaurès. Ensuite, en 1900, il se sépare de cette famille politique à laquelle il reproche son anticléricalisme et son antimilitarisme. Puis, à partir de 1908 où il se rapproche du catholicisme et du nationalisme, et alarmé par la menace allemande, il lie sa mystique socialiste à une mystique de la patrie française, qu’il voit comme une figure privilégiée de la cité de Dieu.

S’élevant contre la morale moderne, la tyrannie du parti intellectuel, les menées des politiques, la morale figée des bien-pensants, il appelle à la remontée à l’intérieur de la race pour retrouver la mission d’héroïsme et de sainteté qu’il attribue à sa terre charnelle.

Son œuvre, multiple, comprend des mystères d’inspiration médiévale en vers libres comme Le Porche du Mystère de la deuxième vertu (1912), et des recueils de poèmes en vers réguliers, comme La Tapisserie de Notre-Dame (1913), d’inspiration mystique, et évoquant notamment Jeanne d’Arc, un personnage historique, symbole de l’héroïsme des temps sombres, auquel il reste toute sa vie profondément attaché.

Dans ses essais, il exprime ses préoccupations sociales et son rejet de l’âge moderne, où toutes les antiques vertus se sont altérées (L’Argent, 1913).

Le noyau central et incandescent de toute son œuvre réside dans un profond patriotisme d’essence religieuse. Isolé en raison de son intransigeance, suspect à l’Église dont il attaquait le conservatisme, comme aux socialistes dont il dénonçait le pacifisme, quasiment ignoré du grand public de son vivant, Péguy, qui appelait de tous ses voeux la « génération de la revanche », fut tué au front, à la veille de la bataille de la Marne.

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