Georges Bernanos, (1888 – 1968)

Écrivain français.

Homme de foi et de passion, anticonformiste et polémiste, Georges Bernanos débute dans le journalisme dans un hebdomadaire royaliste. Il conservera toute sa vie ses convictions monarchistes, en dépit de son évolution personnelle et de sa rupture fracassante, en 1932, avec Charles Maurras, chef de file de l’Action Française.

Son premier roman, Sous le soleil de Satan (1926), remporte un succès considérable qui le convainc de se consacrer exclusivement à l’écriture. S’attaquant au conformisme bourgeois, le romancier du « réalisme surnaturel» et des conflits intérieurs, est surtout l’ennemi de toutes les lâchetés qui diminuent l’homme et de toutes les tyrannies qui l’écrasent. Il obtient en 1929 le prix Fémina pour La Joie, qui constitue une suite à son deuxième roman, L’Imposture. Il s’installe en Espagne en 1934, où il écrit l’un de ses plus grands chef-d’œuvre, Journal d’un curé de campagne.

Lorsque la guerre civile éclate, l’écrivain ne tarde pas à prendre le parti des victimes dans le violent pamphlet antifranquiste Les Grands Cimetières sous la lune (1938). L’impact de son témoignage, qu’on peut rapprocher de celui de Malraux avec “L’Espoir”, est retentissant. Son ancienne famille politique – Maurras en tête – et certains milieux catholiques le vouent aux gémonies tandis que la gauche applaudit. C’est aussi durant cette période que Bernanos signe la Nouvelle histoire de Mouchette, parcours excessivement sensible, tragique et poétique, d’une gamine de treize ans, petite sœur de misère confrontée à sa solitude absolue.

En 1938 il s’installe au Paraguay, puis au Brésil où il passera la guerre, défendant sans cesse la cause de son pays déchiré et devenant l’un des grands animateurs spirituels de la Résistance française. En 1941, il écrit la Lettre aux anglais. Bernanos donne régulièrement de très nombreux articles pour les journaux brésiliens et des messages à la BBC. En se consacrant à ses écrits de combat, il abandonne aussi définitivement l’écriture romanesque.

De retour en France, en juillet 1945, à la demande du Général de Gaulle, il est terriblement déçu par l’atmosphère politique de la libération et l’opportunisme qui, à ses yeux, la caractérise. Il refuse le ministère de la Culture et, pour la troisième fois, la Légion d’Honneur. Il fait de nombreuses conférences en Europe. Il y annonce un nouvel ordre bâti sur la vitesse, la recherche exclusive du profit, la “civilisation des machines”, un monde en proie à la déshumanisation et à l’élimination de toute vie spirituelle (La France contre les robots).

Bernanos s’exile à nouveau en Tunisie (1947). Il y écrit son “testament spirituel”, Dialogues des Carmélites, qui a pour thème la communion des saints. Ses tous derniers textes expriment également la quintessence de sa foi chrétienne et de sa spiritualité. Il meurt à Neuilly le 5 juillet 1948.

 

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