Pierre Drieu la Rochelle, (1893 – 1945 )

Écrivain français.

Nourri dès son adolescence par les œuvres des doctrinaires et des poètes de l’action, Drieu la Rochelle lit et admire Barrès, Kipling et surtout Nietzsche. Blessé et très marqué par la Grande Guerre, il célèbre, supérieure à la lutte des patries, la fraternité mystique des guerriers et des héros. C’est après sa démobilisation que Drieu la Rochelle affiche le plus clairement ses contradictions, se mêlant à tous les mouvements de son époque, tenté aussi bien par Charles Maurras que par Louis Aragon, par l’Action Française que par le Communisme ou le Surréalisme. Ses œuvres se succèdent alors à un rythme soutenu, dont le thème dominant reste l’obsession de la décadence et la déception des temps et celle de l’amour. À la fin des années vingt et au début des années trente, la politique tend à prendre une place prépondérante dans l’œuvre de Drieu la Rochelle.

Son engagement s’affirme dans ses articles et dans les livres qui les recueillent :

Le Jeune Européen (1927),

Genève ou Moscou (1928),

L’Europe contre les patries (1931).

Il collabore au Crapouillot, à Littérature, à La Nouvelle Revue française et à L’Europe nouvelle. Il tente d’analyser la “décadence” de son époque en de brèves autopsies d’une conscience: Le Feu follet (1931), Journal d’un homme trompé (1934), et surtout Rêveuse bourgeoisie (1937).

Après avoir hésité tout au long des années vingt sur sa voie politique, Drieu la Rochelle évolue vers l’Extrême Droite, et opte pour le Fascisme, fasciné par la théâtralité de sa version allemande et voyant en elle le remède pour une Europe vieillie, et qu’il voudrait nouvelle, aristocratique et socialiste.

Outre les romans de cette époque trouble, l’écrivain laisse aussi une quarantaine d’essais et quelque six cents articles où son talent, formé à l’école de Léon Daudet et des polémistes de l’entre-deux-guerres, tient aussi à sa verve et à sa causticité. Au cœur de cet activisme, une passion politique complexe, qui lui interdit de s’investir tout à fait dans la doctrine ou dans le parti auxquels il adhère.

Contraint de se cacher après la Libération, il est protégé par des amitiés fidèles comme celle d’André Malraux.

Il préfère toutefois la liberté de la mort aux effets d’un procès. Le 15 mars 1945, jour où il apprend qu’un mandat d’arrêt vient d’être lancé contre lui, il se suicide à Paris en avalant du Gardenal.

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